Sel des Alpes - Le blog

Voyage – Du potager à l’assiette

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Pourquoi faire son (mini) potager ?

En 2050, 70% de la population mondiale vivra en zone urbaine. Alors, même si je ne peux pas élever mes poules dans la cage d’escalier, ni faire brouter ma chèvre sur le balcon, au moins, m’est-il encore donné de m’abandonner à quelques petits plaisirs végétaux. Des plantes aromatiques, bien sûr ; mais aussi des fruits et des légumes.

Se lancer dans la réalisation d’un potager et le cultiver est un plaisir de la vie qu’il ne faut pas se refuser. Mettre les mains dans la terre pourrait même bien vous faire redécouvrir le plaisir du bien manger. Un plaisir certain que j’ai personnellement lorsque je sirote un mojito confectionné avec les feuilles de menthe que j’ai regardées pousser ou bien quand je prépare una pasta al pesto au basilic frais que j’ai moi-même arrosé. Surtout quand au moment de servir, je lance - faussement modeste - « C’est moi qui l’ai fait !»

Essayez, vous comprendrez ! Faire pousser un peu de basilic, des fraises, des salades, un pied de tomate stimuleront vos cinq sens : vos yeux seront attirés par les couleurs vives des fleurs et des fruits ; vous serez saisi par le parfum des plantes aromatiques ; manipuler la terre, caresser les feuilles et récolter vous rapprochera de la nature ; vos oreilles seront chatouillées par le souffle du vent dans les feuilles. Quant à vos papilles, elles ne seront que tout bonnement exaltées après une patience bien méritée. Car à la différence d’un jardin d’agrément, avec un potager, on goûte ce que l’on cultive !

Et puis, cultiver, c’est aussi se cultiver. Vous ne me croyez pas ? Allez donc faire un tour au cluster des fruits et légumes (G15). Vous apprendrez pourquoi l’on dit que les fraises sont nées des larmes de Venus, vous découvrirez quel est le légume le plus cultivé au monde ou bien encore d’où viennent les aubergines.

L’envie vous monterait-elle d’avoir comme moi toujours à portée de main de l’origan pour assaisonner vos pizzas et de la lavande pour parfumer une banale glace à la vanille ? Mais voilà. Vous vous demandez bien comment.

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Comment faire son (mini) potager ?

Au Slow Food Theater (H26) parmi les nombreux ouvrages proposés de la production à la consommation, pour les petits comme pour les grands, pour les initiés comme pour les passionnés, je me suis arrêtée sur un livre : Il piacere dell'orto. Il aborde les différentes typologies de potager (urbain, décoratif et traditionnel) et donne surtout des conseils pour mener à bien son aventure verte. Je n’ai cependant pas pu m’empêcher de demander une petite visite guidée des différents potagers présentés.

Voici les 7 règles d’or que j’en ai retirées :

  • Règle n°0 - Le temps ne doit pas être un facteur limitant ! Si vous en avez peu, cultivez peu !
  • Règle n°1 - Savoir où vous vivez. Bien sûr que vous le savez ! J’entends par là connaître votre environnement car s’il est important de créer des conditions idéales pour le développement de vos plantations, il est tout aussi important de le faire de façon durable.
  • Règle n°2 – Acceptez l’idée que la règle n°1 ne soit pas une condition suffisante, et qu’il vous faudra gérer d’autres contraintes : l’espace, l’exposition au soleil, l’exposition au vent.
  • Règle n°3 – Que vos contenants soit de luxe ou de récupération, placez toujours des billes d’argile sur le fond pour éviter l’asphyxie des racines de vos cultures, mais aussi pour maintenir l’hygrométrie.
  • Règle n°4 – Choisissez des variétés locales qui auront moins besoin de s’adapter au climat.
  • Règle n°5 – Pratiquez la culture par rotation d’une saison sur l’autre et diversifiez les typologies de plantations sur un même espace afin d’éviter l’appauvrissement de la terre et limiter l’évaporation (des oignons avec des salades par exemple).
  • Règle n°6 - Choisissez des cultures utiles : les oignons éloignent les escargots ; la luzerne, très riche en protéines enrichit la terre ; les fleurs de capucines repoussent les insectes et riches en vitamines C, elles égaieront merveilleusement vos recettes !
  • Règle n°7 - Et les graines me direz-vous ? Assurez-vous de semer des graines standards et non hybrides (vous les reconnaitrez par la mention F1 sur le paquet).  Ces dernières ne vous permettent pas en effet de récupérer les graines au jardin pour la saison suivante. C’est un peu comme du jetable, et ce n’est pas vraiment durable. Sur ce point, Sébastien que j’ai rencontré au pavillon de la Biodiversité (D23) me recommande même de choisir des graines biodynamiques produites en Suisse. Sinon, vous pouvez toujours demander à René le fermier de vous en procurer.

Au fur et à mesure des saisons, naturellement, vous prendrez soin chaque fois que vous nettoyez votre potager de jeter les déchets organiques de sorte à réaliser votre compost pour enrichir votre terre. 

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Quoi mettre dans son (mini) potager ?

Ne vous emmenant pas dans un voyage de la fourche à la fourchette, oublions tout de suite le maïs et le blé sur votre balcon. Pour bien choisir quoi planter, en fait une seule règle s’impose : suivre le rythme des saisons. Retournez donc sur le cluster des fruits et légumes pour prendre inspiration. A chaque plantation, une cartouche didactique avec les saisons, les caractéristiques alimentaires et aussi des anecdotes. Une visite aussi passionnante que ludique.

Mai, joli mois de mai. Mais dans votre potager, évitez de faire ce qu’il vous plait ; repiquez roquettes, tomates, poivrons et courgettes. Dans quelques semaines vous pourrez frire les fleurs à la mode italienne (les délicieuses fiori di zucca fritti), passer vos légumes du soleil au four avec un filet d’huile d’olive, ou bien simplement accompagner vos poissons et viandes d’une belle salade. 

Et si vous vous y êtes pris à temps, vous pourriez même déjà récolter fraises et framboises. Miam. Vous avez encore un peu de place sur votre terrasse ? Alors plantez un citronnier. A défaut, accrochez une des photos de cette superbe exposition sur les arbres fruitiers I giardini delle meraviglie comme celle de cet abricotier signée de l’artiste suisse Irene Kung.

Vous pourriez bien aussi créer votre petit jardin médicinal avec de la sauge, de la camomille, et de la stévia. Des plantes faciles à cultiver qu’il vous faudra juste faire sécher pour le plus grand des effets sur votre santé !

Et si vous manquez encore d’idées, rendez-vous à la Cascina Triulza (F11), où la région de l’Ombrie, également appelée le « cœur vert de l’Italie », a réalisé des potagers et créé l’application Hortus Expo 2015 (disponible gratuitement à partir du 23 mai 2015) pour que même dans le métro vous puissiez penser potager ! 

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Vu sur Expo 2015

Et comme un potager doit aussi être beau, je suis allée chiper des idées déco pour valoriser votre piccolo orto ! Dans la série des idées simples à réaliser, rendez-vous sur la terrasse du pavillon allemand (G22) où les plantations fleurissent dans des gros bidons. En Hollande (G18), bien sûr c’est sur un vélo, mais aussi au centre de la table d’extérieur. Si vous êtes vraiment limité par l’espace, allez donc jeter un coup d’œil au pavillon du Koweit (G22). Les volumes sont séparés par des jardinières de plusieurs mètres de long pour créer des zones d’exposition sans gêner la luminosité. Ou bien encore sur le Cardo (niveau G20), où vous pourrez voir un superbe exemple de mur végétal qui représente toute la diversité des plantes aromatiques italiennes. Moins facile à réaliser car très techno, le système de végétation verticale du pavillon américain (G23) monté sur des panneaux orientables pour favoriser l’exposition au soleil où les salades sont plantées dans des sacs de fibre de soja qui sont irriguées automatiquement.

Vous voilà désormais prêt. Reste à vous équiper d’un drone pour surveiller qui vient visiter votre (petit) jardin secret !

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Sophie, le dimanche 24 mai 2015

24 mai 2015
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